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QUATRIEME TOMBEAU

 

                                        (DE L’ART)

 

 

… Toute mer est éteinte

Quand elle touche un rivage et débarque les sages

Toute étreinte est voyage sans qu'on voie d'elle

Ni le paysage sous les arbres du bocage de Boccace

Ni la charrette avec son ami le bouvier,

Tous deux en guerre depuis 20 ans contre le cheval Gontran

Au bord du canal qui roubine son lait de marais.

La barque est coulée à cause du p'tit bouchon

Son nom ? C'était tout con : « l'Aqua‑bon »

A quoi bon, père Brassens,

A quoi bon couler ta brasse de gosse qui apprend à nager

Pour y glisser dessous des brassées de bambous ? !

C’était du bois pourri à cœur, ces rythmes et ces mots,

Gâté par les années restées, elles, à ne rien faire,

Vermiculé de tous les festins loupés

Des départs à refaire et des pêches ratées.

…………………………………………..

– Vieux rat mordillé aux oreilles par les autres rats :

Au lieu de décortiquer les roseaux jusqu'à la moelle

Vaudrait mieux, Toto…, Faudrait plutôt mon vieux

Lui envoyer une carte post‑toile,

L’encourager à peindre le vent impromptu et

Les oiseaux déplumés, métros à zéro et sacs à vindicte

– Mais de qui bon dieu parles‑tu donc ?

… De celui qui dut bouffer ses pinceaux

Si beaux, si fins, si longs.

Un jour qu'il avait faim ?

... Qui s'exprimait en argot russe ?

Les pinceaux confectionnés à l'âge où on cueille le monde,

Avec les poils du croupion de sa nurse ?

– Bien dit, vieux malappris. Tout juste ! c'est de celui‑ci qu'

– … Malappris ! Par exemple ! Alors n'en dirai rien !

Passé mon temps à désapprendre, en vérité, je vous le dis :

Bande de sous‑traités, de francs‑simons et de saints‑maçons !

Je suis le Sans‑soucis des soucis ordinaires

Mais sourcilleux dessus mon regard noir : J'estime qu'...

L'excommunication se prête aux religions et politiques.

Je donne à cette quête pour l'achat de frifri aux friteuses

Je suis bon citoyen de la cité du beurre

Et si je poète... mon Dieu oui, je l'avoue

C'est seulement la nuit et vraiment loin de tout :

Poète ? ! moi ! ?

Faut pas pousser trop loin le bouchon !

Faut pas me pousser trop fort dans les orties !

Grossier, gentil et con,

Je passe et vis en ma saison mal assise.

Aujourd'hui – Hier – C'est tout bon, tout bon !

Suis un sage qui ai trop bu au tonnelet des trois miracles.

Pour le poker, y'avait ? qui donc déjà ? ah oui !

Jésus, Bouddha et Lucifer. Tous des chefs.

On y boit trop, On y joue sec sous c'te toit plat

Et j'envisage d'aller au but

Sans repasser par c'te Maison du Mahomet colérique.

Chacun sa clef, on rent'tranquille dans ses Amériques.

Salut. Je file.

…………………………………………..

Tu n'as rien compris ? Possible. C'est compliqué à expliquer

Mais c'est facile à dire, pour un poète débloqué‑anti‑bloc...

Finis ton bol en écoutant la parabole :

Il est, dans une bicoque mal accrochée à ses volets

Et qui ferme le rose de la falaise de porphyre

Un salopard : c'est un fier‑à‑bras, qui bat sa femme

Celle qui bat ses gosses atroces,

Ceux qui crèvent les yeux des vieux chats.

On dira qu'il s'est habillé en militaire... Et qu'

Le Dieu de la Mer, qui vient d'être sculpté

Il l'aura fait jeter au fond de l'onde amère,

Du haut‑haut des roches accores

Là où juste son reflet clair aurait pu

Du fond des hauts‑fonds puants, signaler ses éclairs,

Parmi les éponges molles ou les coraux vitrifiés.

Ses testicules auraient globulé, tels flotteurs de goémon ;

Et sa verge, perdue parmi les cornichons de mer,

Se serait morfondue, imprégnée de saumure piquante et brune.

Alors. Ah la la ! Lors, là : L'Homme de Guerre et son Epée

Le Sculpteur si vanté, le ciseau à la main

Le penseur taciturne qui tire ses trois cheveux mal taillés

L'enfant de chœur qui croit qu'il faut croire

Et aussi le prêtre et les bacchantes qui le lui disent

« Et comme il faut ! ou gare à l'excision !

Du centre neuro‑cervical et du

Psycho‑foutoir avec masturbo‑graisseur adjoint ! »

N'auront plus pour le voir, Le Dieu

Que le serein regard de l'imaginaire

Ni plus ni moins que le vieux poète au regard de ciel calme

Et à la voix de marin fou.

Tout ça! (Ils en pleureraient les Laurel et Hardy)...

... A cause d'un salopard de rempilé, qui bat sa femme, etc.

…………………………………………..

Pendant que toi, tu bats le beurre de tes idées saumâtres,

Elles, battent‑à‑ta‑tempe, les idées nées de l'insomnie.

Tu te dis : est‑ce que le Mal, c'est

Comme ce faux bruit de moustique, seulement dans ma tête

Ou bien est‑ce que je vais être piqué au sang

Dans un instant

Quand Il aura reçu en pulsions hertziennes

Le signal donné par des nymphes brutales : Ces vierges

Au pucelage rafistolé, qui veillent sur mon sommeil,

(Le Père Malotru s'attendrit ainsi sur lui, dans le soir :

Vient de coincer la veuve du roulier dedans l'escalier noir

Ecoutons ce qu'il dit, et partons, honteux d'avoir souri)

« Dehors, ça caille‑bise, ma Hantise !...

« Ma Hantise, c'est d'y être sans toi,

« Dans le froid. Sans toi et sans toiture, ma gelure !

Il nous foutrait la larme à l'oeil,

Ce vieux dragueur d'écueils !

Foutons le camp ! le voilà qui gueule à la lune

N'y a pas le droit ! Seuls les chiens !

Et nos souvenirs, qui sont l'Eternité concentrée !

– Pour les morts qu'on a connus : A genoux !

Gueulez plus fort avec moi, le Malotru des Malotrus !

S'ils sont vos doigts, Grand Bon Dieu, mes chers bons vieux

Vos doigts fourrés dans vos oreilles sourdes

Laissez‑moi croire qu'ils m'aimaient autant que moi pour eux

Qui salivais sur leurs bonbons et autres bols de lait !

Laissez tomber la crèche mitée que vous tenez d'un air pincé

Osez ! quoi ! Bon Dieu, puisque c'est votre qualité

D'avoir tous les droits qui s'attachent à vos lois !

Après. Ce sera comme l'habit de lumière

Collé à la chair d'un toréro sans arènes et sans taureaux.

Qui ne s'est jamais regardé faire

Dans le miroir de sa beauté, sans risque et sans partage.

Olé ! Courage ! Dieu de Dieu !

Par les venelles, venez à la Plazza

Et tendez votre large main,

Que tout le monde les voie, vos doigts !

Et qu'on sache une bonne fois qu'ils sont là,

Et qu'ils nous ressemblent !

Puisqu'on passait le temps à nous contempler, disant :

Il a tout de son père, mais le front de sa mère

Et les cheveux. Mais... les yeux... et... le menton de l'oncle

Et même quand on avait la peste ou des furoncles

Fallait‑il pas qu'ils hurlent, comme je fais aujourd'hui,

« Saloperie de Saloperie ! Il tient ça de famille !

« Ah je vais t'en foutre des bols de camomille!

« Et de l'huile de foie de morue, en plus !

Des pensées si profondes ne vont remuer le monde.

Mais la fille des rues, oui, que le son des mots excite,

En rut, comme le chien du pâtre :

 

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